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Combien de fois peut-on renégocier un crédit immobilier ?

20/11/2018

La chute des taux d’intérêt des prêts immobiliers amorcée il y a déjà plusieurs années, n’a en fait jamais connu d’interruption. Si bien qu’aujourd’hui encore ceux-ci sont toujours très avantageux, et souvent plus bas que celui d’un premier crédit immo contracté. Dans ce contexte, de nombreux emprunteurs sont toujours tentés de renégocier leur prêt à l’habitat, même si cela avait déjà été fait auparavant. Il n’est pas rare en effet de voir un client revenir vers sa banque ou son organisme de crédit pour demander une troisième fois de revoir le taux et les conditions de son prêt immo en cours. La question est donc de savoir si cela est possible et surtout si l’opération en vaut la peine.

Quelles sont les limites ?

Rien n’empêche un crédit immobilier d’être renégocié, et cela autant de fois que l’emprunteur le souhaite. En réalité il n’y a aucune limite, puisqu’en tant que tel, un crédit immobilier peut être remboursé à tout moment. Cela signifie que même si l’emprunteur décide de contracter un autre crédit immobilier ailleurs pour rembourser l’existant, il est en droit de le faire. A noter que la grande majorité des crédits immobiliers en France sont souscrits à taux fixe, ce qui signifie que tant qu’il sera en baisse de manière générale l’emprunteur peut renégocier. Si les taux venaient à remonter, l’emprunteur pourra alors décider de s’arrêter et de ne plus demander de renégociation. Il lui restera alors à terminer le remboursement de ses échéances avec le taux fixe revu lors du dernier contrat.

S’il n’y a pas de frein au nombre de renégociations d’un emprunteur concernant son crédit immobilier, la banque ou l’établissement financier qui l’a accordé n’est en revanche pas obligé d’accepter. D’ailleurs, il n’est pas vraiment dans son intérêt de le faire, puisqu’à la finalité elle va perdre de l’argent, le crédit immobilier étant une source de profits pour les banques. Elles pourront éventuellement être prêtes à y renoncer en partie pour conserver leurs clients. Le rachat de crédit immobilier est une autre solution pour l’emprunteur, mais c’est une démarche différente. Il s’agit en effet de souscrire à un nouveau contrat de prêt, avec de nouvelles conditions d’emprunt et un taux également renégocié. De manière générale, le rachat entraîne un allongement de la durée pour bénéficier d’une mensualité allégée. L’opération permet également d’inclure une trésorerie supplémentaire pour financer de nouveaux projets (voiture, cuisine, travaux, matériel informatique, etc.).

Quels sont les frais d’une renégociation de prêt immobilier ?

Une opération de renégociation d’un crédit immobilier entraine des frais. Du fait de ce coût non-négligeable, il faudra particulièrement veiller à bien étudier l’intérêt de la démarche. Si elle est possible auprès du même établissement financier, les frais sont bien entendu négociables, et peuvent dans certains cas être annulés. Il s’agit par exemple pour le banquier de proposer à l’emprunteur d’autres produits bancaires comme des souscriptions à une assurance ou à un plan d’épargne : son intérêt étant tout de même et avant tout de ne pas le perdre en tant que client. Quoiqu’il en soit, les frais sont de diverses natures :

  • Les indemnités de remboursement anticipé (IRA) qui s’élèvent à 6 mois d’intérêts plafonnés à 3% du capital restant dû. Il faudra être attentif aux clauses du contrat car souvent une exonération n’est pas accordée en cas de renégociation.
  • Les frais de garantie qui concernent en général une hypothèque. Lors d’une renégociation, elle peut être transférée d’un prêteur à un autre, ce qui évite ces frais. Si la garantie est une caution, elle devra être renouvelée et le coût est à surveiller car il avoisine une moyenne de 1,5% du capital.
  • Les frais de dossier qui sont fixés par les banques. Même s’ils sont toujours négociables selon la situation, ils s’élèvent à plusieurs centaines d’euros.

Quoiqu’il en soit il est important de prendre en considération le taux d’intérêt. La renégociation est bénéfique lorsque la différence entre le taux d’intérêt est importante. Plus il y aura d’écart, plus l’opération sera rentable. Cependant, il n’y a pas de règle absolue car les différents paramètres en jeu vont avoir un impact sur l’opération. L’emprunteur a tout intérêt à faire le calcul avant de se lancer. Le capital restant dû est un élément important qui va définir la rentabilité sur le plan financier. Pour vérifier si la renégociation est rentable, d’autres éléments vont être déterminants, il s’agit du niveau des frais, de la durée restante et de l’assurance emprunteur. Tout comme le taux d’intérêt, celle-ci peut également être revue lors du changement de contrat.

Quels sont les critères pour que l’opération soit rentable ?

Pour que la renégociation soit significative et pour faire une bonne affaire, il faut considérer tous les paramètres dans leur globalité, à savoir : la durée du crédit, le capital emprunté et la différence de taux. Certaines règles de calcul pour vérifier la rentabilité de l’opération s’appliquent dès le départ. Il s’agit du capital restant dû qui doit être supérieur à 50.000 euros et la durée restante de remboursement qui doit également être de plus de 7 ans. Les premières années de remboursement sont consacrées aux intérêts, plus le temps avance et plus l’emprunteur rembourse du capital. Le taux quant à lui doit être au moins inférieur d’un point par rapport au taux actuel.

Lors de la renégociation, le crédit immobilier est réactualisé aux conditions actuelles du marché et s’adapte donc aux taux en vigueur. L’organisme prêteur n’est pas dans l’obligation de donner une réponse positive à la demande, si elle le fait l’analyse de la situation bancaire sera certes moins stricte mais le profil et la situation de l’emprunteur seront tout de même passés au peigne fin.

Un autre critère de rentabilité est la longueur de la durée de remboursement qui peut être raccourcie. Du coup le montant de la mensualité augmente, ce qui va entrainer une baisse des intérêts. Au final, l’opération sera moins longue et moins chère.

Lorsque la renégociation du crédit immobilier a lieu dans une nouvelle banque, il faudra obligatoirement changer d’assurance emprunteur pour assurer le nouveau prêt. Pour déterminer le taux de celle-ci, il sera nécessaire de remplir un questionnaire de santé, sur lequel tous les antécédents médicaux des dix dernières années devront être renseignés. Si malheureusement l’état de santé de l’emprunteur s’est fortement dégradé depuis l’octroi du crédit immobilier précédent, la renégociation n’est certainement pas rentable car le taux de l’assurance risque d’être très élevé. Les consommateurs ayant aujourd’hui plus de souplesse quant aux choix de l’organisme d’assurance qui va gérer leur crédit immobilier, ils peuvent très bien s’adresser à une délégation d’assurance. Cet établissement ne sera donc pas la banque ou l’établissement financier émetteur du prêt mais peut proposer des offres avantageuses.

Côté revenus, un bilan financier est également recommandé pour vérifier si l’opération est équilibrée pour les finances du foyer. Si par exemple les revenus ont baissé ou que l’emprunteur est passé d’un CDI à un CDD ou encore que les impôts du ménage ont fortement grimpé, l’organisme prêteur peut refuser la renégociation estimant que le reste à vivre n’est plus assez important pour assumer les dépenses quotidiennes et un train de vie normal.